
Pourquoi la solitude devient-elle l’une des grandes inquiétudes du XXIᵉ siècle ? Alors que jamais les individus n’ont été aussi connectés, jamais ils ne se sont dits aussi seuls : en France, une personne sur cinq déclare éprouver régulièrement un sentiment de solitude, et plusieurs millions vivent dans un isolement relationnel quasi complet. Le phénomène, longtemps associé au grand âge, touche désormais fortement les jeunes générations. Certains pays en ont fait un objet de politique publique à part entière, jusqu’à créer des ministères dédiés, tandis que l’épidémiologie établit que l’isolement social pèse sur la santé et la mortalité autant que les grands facteurs de risque classiques. Assiste-t-on à une véritable « épidémie de solitude », ou à la montée d’une sensibilité nouvelle à un phénomène ancien ?
Du côté des structures familiales, la progression de la monoparentalité inquiète aussi. Ces cellules familiales ne pâtissent pas forcément d’une solitude ressentie, mais reposent sur un isolement caractérisé juridiquement.
Ces évolutions invitent les sciences sociales à renouveler l’analyse des formes contemporaines du lien social. Sait-on distinguer, mesurer et expliquer l’isolement objectif — la rareté ou la pauvreté des relations — et la solitude ressentie qui peut saisir l’individu au milieu des autres, au travail ou dans la foule ? Comprend-on pourquoi la solitude frappe inégalement selon l’âge, le sexe, le milieu social ou le territoire ? Les technologies numériques, les réseaux sociaux et désormais les compagnons virtuels proposés par l’intelligence artificielle atténuent-ils l’isolement ou en recomposent-ils les formes ? Et que peut l’action publique face à un mal qui se joue dans l’intimité des relations ?
Cet appel à contributions (voir le projet scientifique) s’adresse aux chercheurs de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales : droit, sociologie, anthropologie, science politique, histoire contemporaine, économie, géographie, psychologie sociale, philosophie politique appliquée, littérature, sciences de l’information et de la communication…
Les contributions s’appuieront, autant que faire se peut, sur des matériaux empiriques : enquêtes, expériences de terrain, de laboratoire ou en ligne, bases de données, corpus de textes, archives, etc. Seront privilégiés les projets portant sur la période contemporaine et les études originales permettant d’apporter des éléments de réponse aux questions posées dans le projet scientifique (voir ici).
Cet appel s’adresse aux enseignants-chercheurs, chercheurs et post-doctorants de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales au sens large. Sont éligibles les personnes de toute nationalité et tout statut, rattachées à des institutions de recherche françaises (même si elles exercent à l’étranger) ou européennes et titulaires d’une thèse de doctorat.
Dans le cadre du programme, les contributions devront être déposées auprès de revues à comité de lecture. Parallèlement, une version destinée à un plus large public sera présentée en mars 2028 lors de la 15ème Journée des Sciences Sociales et fera également l’objet d’une publication en langue française dans l’ouvrage collectif de la Fondation. L’évènement sera précédé de trois journées de travail au cours desquelles les lauréats seront invités à discuter de leur projet d’article et à se former à la prise de parole.
Les candidats sélectionnés recevront, en fin de programme, un prix de 2500 euros.
Pour toute question, vous pouvez nous écrire à contact@fondation-sciences-sociales.org.



